Shlshhhh…Shlshhhh… 

Doucement, lentement, précautionneusement,

Des gastéropodes,

Limaces visqueuses et gluantes, rampent sur la feuille.

Shlshhhh…Shlshhhh… Shlshhhh…

Se dandinant des hanches dans leur limonade crémeuse,

Ces baveuses glissent sur la page couleur courgette.

Engluées dans leur salives filandreuses,

Elles tissent derrière elles des anguilles,

Cherchant de leurs yeux protubérant,

La clé des champs.

Leurs perruques de vieilles filles,

Habitées de cocons de papillons,

Traînent hasardeusement à leur suite,

Creusant un sillon à coup de pioche gluante.

Une peinture blanche colle sous mes pas.

Souvenirs bucoliques.

Pirouette dans l’herbe, pique-nique en famille,

Mon corps se rappelle ces jours heureux et je ris !

La pelote de mes pensées se débine,

Les fils s’échappent, les lignes dérapent…

La limace court sur la page

Nue comme un ver nu, sur la plage !

J’entends le rythme des vagues vertes sur ma langue.

La ligne de mes pensées s’est fait la malle…

La maille s’accroche à la page et

La couleur coule sur l’ouvrage phytophage.

Tissant de leurs tentacules baveux,

Une toile de cheveux blancs visqueux,

Ces affreuses se régalent de ce carnage,

Et se sentent pousser des ailes de papillon…  

 

 

Shlshhh 1 - 2009